Congé paternité et naissance 2026 : durée, droits et démarches

Temps de lecture : 7 min
L'article en bref
  • Le congé de paternité : il est de 25 jours calendaires en 2026, sans condition d'ancienneté ni de type de contrat.
  • Les bénéficiaires du congé : le droit est ouvert non seulement au père, mais aussi au conjoint ou partenaire de la mère.
  • Les indemnités journalières du congé de paternité : leur montant varie entre 11,12 € et 104,02 € par jour en 2026.
  • Le nouveau congé supplémentaire de naissance : d'une durée d'un à deux mois, il entre en vigueur le 1er juillet 2026.
  • Les 7 premiers jours du congé : le salarié ne peut pas y renoncer, même à la demande de son employeur.
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Déborha VINDIOLET

Diplômée en DCG et BTS Comptabilité et accompagnatrice de freelances chez L-Expert-Comptable.com
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Sommaire

Congé paternité en 2026 : 25 jours calendaires et un nouveau droit à partir du 1er juillet

Lors de la naissance d'un enfant, le père salarié bénéficie de deux droits distincts : le congé de naissance (3 jours ouvrables, payé par l'employeur) et le congé de paternité et d'accueil de l'enfant (25 jours calendaires, indemnisé par la Sécurité sociale). Depuis juillet 2021, ces deux congés forment ensemble un bloc de 28 jours de présence possible auprès du nouveau-né.

En 2026, une nouveauté majeure s'y ajoute : un congé supplémentaire de naissance, d'une durée d'un à deux mois, est ouvert à chaque parent pour les enfants nés à compter du 1er janvier 2026. Son entrée en vigueur est fixée au 1er juillet 2026. Le cumul des droits peut donc atteindre environ 3 mois de présence pour le second parent.

Qui peut bénéficier du congé de paternité ?

Le congé de paternité et d'accueil de l'enfant est ouvert, sans condition d'ancienneté et quel que soit le type de contrat (CDI, CDD, intérim, apprentissage, stages de formation professionnelle), aux personnes suivantes :

  • Le père de l'enfant
  • Le conjoint ou concubin vivant en couple avec la mère au moment de la naissance
  • La personne liée par un PACS avec la mère
  • Pour les couples de femmes : la mère qui n'a pas accouché, en cas de reconnaissance conjointe anticipée

Il est impossible de refuser ce congé en raison du sexe du demandeur. L'employeur ne peut pas s'y opposer.

Le congé paternité bénéficie aussi aux demandeurs d'emploi indemnisés qui reprennent une activité, ainsi qu'aux travailleurs indépendants affiliés à la Sécurité sociale. Les modalités d'indemnisation diffèrent selon le régime, mais le droit existe dans tous les cas.

Durée du congé paternité : 25 jours calendaires en 2026

Depuis le 1er juillet 2021, le congé de paternité est de 25 jours calendaires pour une naissance simple (contre 11 jours auparavant). En cas de naissance multiple, la durée est portée à 32 jours calendaires.

Ce congé de 25 jours se décompose en deux périodes distinctes, qui viennent s'ajouter aux 3 jours du congé de naissance :

PériodeDuréeCaractèreFractionnement
Congé de naissance3 jours ouvrablesObligatoireNon
1re période du congé paternité4 jours calendairesObligatoire, immédiatement après le congé de naissanceNon
2e période du congé paternité21 jours calendairesFacultativeOui (2 périodes de 5 jours minimum chacune)

La seconde période de 21 jours peut être prise immédiatement après les premiers jours, ou décalée dans le temps, jusqu'à 6 mois après la naissance. Elle peut également être fractionnée en deux périodes, à condition que chaque période comporte au moins 5 jours consécutifs.

Les 7 premiers jours (3 jours de congé naissance + 4 jours de congé paternité) sont obligatoires. Un employeur ne peut pas demander au salarié de travailler pendant ces 7 jours, même si celui-ci l'acceptait. C'est une protection d'ordre public.

Naissances multiples : 32 jours calendaires

En cas de naissances multiples (jumeaux, triplés...), la durée du congé de paternité passe à 32 jours calendaires, toujours précédés des 3 jours de congé de naissance obligatoire, soit un total de 35 jours.

Nouveau droit 2026 : le congé supplémentaire de naissance

La loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026 (loi n° 2025-1403 du 30 décembre 2025) crée un congé supplémentaire de naissance accessible à chaque parent. Ce nouveau congé vient s'ajouter, après épuisement des congés de maternité, de paternité et d'accueil de l'enfant.

Ses caractéristiques principales :

  • Durée : 1 mois ou 2 mois, au choix du parent. Peut être fractionné en deux périodes d'un mois non consécutives.
  • Entrée en vigueur : 1er juillet 2026, pour toutes les naissances et adoptions à compter du 1er janvier 2026.
  • Indemnisation : 70 % du salaire net le premier mois, 60 % le second mois, dans la limite du plafond mensuel de la Sécurité sociale (4 005 € en 2026).
  • Délai pour en bénéficier : 9 mois après la naissance. Pour les enfants nés entre le 1er janvier et le 30 juin 2026, le délai court jusqu'au 31 mars 2027.
  • Accessible à tous : salariés, indépendants, fonctionnaires, agents contractuels, travailleurs non-salariés agricoles.

Les parents d'un enfant né en mars 2026 peuvent donc, à partir du 1er juillet 2026, prendre ce congé supplémentaire de naissance (le congé paternité classique ayant déjà été pris). Ils ont jusqu'au 31 mars 2027 pour le mobiliser. Le délai de prévenance de l'employeur est réduit à 15 jours lorsque le congé supplémentaire fait directement suite au congé paternité.

Quand et comment prendre son congé paternité ?

Le début du congé de paternité doit être pris dans les 6 mois suivant la naissance (pour la seconde période facultative de 21 jours). Au-delà de ce délai, le droit au congé est perdu et les indemnités ne sont plus versées.

Ce délai peut être repoussé dans les cas suivants :

  • Hospitalisation de l'enfant : le délai de 6 mois commence à courir à partir de la fin de l'hospitalisation.
  • Décès de la mère : le congé est maintenu et le délai court à partir de la fin du congé postnatal dont bénéficie le père.
  • Enfant né sans vie : le congé est accordé sur présentation de l'acte d'enfant sans vie et d'un certificat médical attestant la viabilité.
  • Décès de l'enfant après la naissance : le congé est maintenu sur présentation d'un acte de décès.

Le congé paternité et le congé de naissance peuvent être cumulés, en les posant consécutivement à partir de la naissance. Le salarié bénéficie alors de 28 jours consécutifs (3 + 25).

Les démarches pour obtenir le congé paternité

Le salarié doit informer son employeur au moins 1 mois avant le début du congé, par tout moyen permettant de dater la demande (lettre recommandée avec accusé de réception conseillée). L'employeur ne peut pas s'opposer au congé.

Auprès de la CPAM, les documents à fournir varient selon la situation :

Si le demandeur est le père de l'enfant

  • Copie intégrale de l'acte de naissance de l'enfant ou copie du livret de famille mis à jour
  • En cas de concubinage : certificat de vie commune ou de concubinage datant de moins d'un an

Si le demandeur n'est pas le père biologique

  • Copie intégrale de l'acte de naissance de l'enfant
  • Justificatif du lien avec la mère : extrait d'acte de mariage, copie du PACS, ou certificat de vie commune datant de moins d'un an
  • Attestation de cessation d'activité professionnelle

Rémunération pendant le congé paternité : les indemnités journalières en 2026

Le congé de naissance (3 jours) est rémunéré par l'employeur comme des jours travaillés ordinaires : aucune réduction de salaire n'est possible.

Le congé de paternité (25 jours) est quant à lui indemnisé par la Sécurité sociale, sous forme d'indemnités journalières (IJ) versées par la CPAM, sans délai de carence, y compris les samedis, dimanches et jours fériés.

Calcul des indemnités journalières

Le montant de l'IJ est calculé sur la base du salaire journalier moyen des 3 derniers mois précédant le congé (ou des 12 derniers mois pour une activité saisonnière ou discontinue), dans la limite du plafond mensuel de la Sécurité sociale.

La formule est la suivante : IJ = (somme des 3 derniers salaires bruts ÷ 91,25) × 79 % (soit après abattement forfaitaire de 21 % représentant les cotisations salariales).

ParamètreValeur 2026
Plafond mensuel de la Sécurité sociale4 005 €/mois
Abattement forfaitaire CPAM21 %
Montant minimum de l'IJ11,12 €/jour
Montant maximum de l'IJ104,02 €/jour

Certaines conventions collectives prévoient un maintien total ou partiel du salaire par l'employeur en complément des IJ. Renseignez-vous auprès de votre service RH.

Le congé naissance : 3 jours ouvrables payés par l'employeur

Le congé de naissance est distinct du congé paternité. D'une durée de 3 jours ouvrables, il est accordé à chaque naissance (ou adoption d'un enfant mineur), sans condition d'ancienneté, à tout salarié du secteur privé ou public.

Ces 3 jours ne sont pas impactés par une naissance multiple : jumeaux ou triplés n'allongent pas ce congé. Le salarié peut prendre ces 3 jours consécutivement ou séparément, sous réserve de l'accord de l'employeur, dans les 15 jours précédant ou suivant la naissance. Ils sont intégralement rémunérés par l'employeur, comme des jours travaillés.

Le congé de naissance et le congé de paternité se cumulent. Pris consécutivement dès le jour de la naissance, ils offrent 28 jours de présence continue (3 + 25). La seconde période de 21 jours peut ensuite être décalée jusqu'à 6 mois après l'accouchement.

Ce que beaucoup de pères ignorent encore : les pièges courants du congé paternité

Chaque année, des milliers de pères perdent tout ou partie de leur droit au congé paternité faute d'en connaître les règles précises. Voici les trois situations les plus fréquentes.

Piège 1 : dépasser le délai de 6 mois. L'ancien délai était de 4 mois. Depuis 2021, la seconde période de 21 jours doit être prise dans les 6 mois suivant la naissance. Un père qui attend 7 mois pour poser ses jours restants perd définitivement ses indemnités, sans recours possible.

Piège 2 : ignorer le caractère obligatoire des 7 premiers jours. Les 3 jours de congé naissance et les 4 premiers jours du congé paternité sont obligatoires et doivent être pris consécutivement. Un père qui "renonce" à ces jours à la demande de son employeur pour des raisons d'organisation commet une erreur : ce renoncement est juridiquement nul. L'employeur qui s'y oppose s'expose à des sanctions.

Piège 3 : ne pas anticiper la subrogation. Par défaut, les IJ sont versées directement au salarié par la CPAM. Mais si votre entreprise pratique la subrogation (l'employeur maintient le salaire et se fait rembourser par la Sécu), la procédure est différente. Vérifiez ce point avec votre service RH avant le départ en congé pour éviter un double prélèvement ou un délai de paiement.

Un quatrième point mérite d'être anticipé dès maintenant : le nouveau congé supplémentaire de naissance (jusqu'à 2 mois, indemnisé à 70 % puis 60 %) est accessible à partir du 1er juillet 2026 pour toute naissance depuis le 1er janvier 2026. Les parents qui ont eu un enfant en début d'année 2026 ont jusqu'au 31 mars 2027 pour en bénéficier : autant le planifier à l'avance avec son employeur.

Questions courantes sur le congé paternité et le congé naissance

Quelle est la durée totale du congé paternité en 2026 ?

Le congé de paternité est de 25 jours calendaires (32 jours en cas de naissances multiples), auxquels s'ajoutent 3 jours ouvrables de congé de naissance pris immédiatement avant. Soit un total de 28 jours pour une naissance simple. En 2026, un nouveau congé supplémentaire de naissance de 1 à 2 mois s'ajoute à ces droits, pour les enfants nés à compter du 1er janvier 2026.

Le congé paternité est-il obligatoire ?

En partie. Les 7 premiers jours (3 jours de congé naissance + 4 premiers jours du congé paternité) sont obligatoires. Le salarié ne peut pas y renoncer, et l'employeur ne peut pas s'y opposer. Les 21 jours restants sont, eux, facultatifs.

Comment est indemnisé le congé paternité ?

Les 3 jours de congé de naissance sont payés par l'employeur comme des jours travaillés ordinaires. Les 25 jours du congé de paternité sont indemnisés par la Sécurité sociale via des indemnités journalières, dont le montant est compris entre 11,12 € et 104,02 € par jour en 2026, calculé sur la base des 3 derniers salaires divisés par 91,25, après abattement de 21 %.

Peut-on fractionner le congé paternité ?

Oui, mais uniquement la seconde période de 21 jours. Elle peut être divisée en deux parties, à condition que chaque partie comporte au moins 5 jours consécutifs. La première période de 4 jours est obligatoire et non fractionnée, prise immédiatement après les 3 jours de congé de naissance.

Le congé paternité est-il applicable aux couples de même sexe ?

Oui. Pour un couple de femmes, la mère qui n'a pas accouché peut bénéficier du congé de paternité et d'accueil de l'enfant, à condition qu'une reconnaissance conjointe anticipée ait été réalisée avant la naissance. Les conditions et la durée sont identiques à celles applicables aux pères.

Que se passe-t-il si l'enfant est hospitalisé à la naissance ?

Le délai de 6 mois pour prendre les 21 jours facultatifs du congé de paternité est suspendu pendant la durée de l'hospitalisation de l'enfant. Il commence à courir à partir de la fin de l'hospitalisation. Le père peut donc décaler son congé sans perdre ses droits.

Le congé paternité est-il compatible avec le nouveau congé supplémentaire de naissance ?

Oui, les deux sont cumulables. Le congé supplémentaire de naissance (1 à 2 mois) vient s'ajouter après épuisement du congé de paternité classique. Il est accessible dès le 1er juillet 2026 pour toutes les naissances à partir du 1er janvier 2026. Les parents doivent avoir préalablement pris leur congé de paternité et d'accueil de l'enfant pour y prétendre.

Sources et références

Service-public.gouv.fr — https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F3156

Solidarites.gouv.fr — https://solidarites.gouv.fr/le-gouvernement-accelere-le-deploiement-du-conge-supplementaire-de-naissance-prevu-par-le-budget-de-la-securite-sociale-pour-2026

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A propos de l'auteur

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Déborha VINDIOLET
Leader comptable chez L'Expert-Comptable.com avec plus de 6 ans d'expérience dans le domaine. Diplômée en DCG et BTS Comptabilité.
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