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Comment ouvrir un restaurant en 2026 ? Notre guide complet

L'article en bref

  • Les étapes pour ouvrir un restaurant : le parcours suit huit grandes étapes, du choix du concept jusqu'à la souscription des assurances avant l'ouverture.
  • Le statut juridique le plus courant en restauration : la SARL est souvent privilégiée pour ses cotisations sociales modérées et sa simplicité de gestion au quotidien.
  • Le budget d'ouverture varie selon le projet : une reprise de local équipé coûte entre 80 000 et 150 000 €, contre plus de 200 000 € pour une création en local nu en centre-ville.
  • La TVA en restauration suit trois taux distincts : 10 % s'applique aux repas sur place et plats à emporter, 5,5 % à certains produits non transformés, et 20 % aux boissons alcoolisées.
  • L-Expert-Comptable.com accompagne les restaurateurs : tenue comptable, déclarations de TVA, bilan et liasse fiscale sont pris en charge dès 109 € HT/mois, avec un conseiller dédié.
Deborha-Vindiolet-expert-comptable
Déborha VINDIOLET Diplômée en DCG et BTS Comptabilité et accompagnatrice de freelances chez L-Expert-Comptable.com
Mis à jour le 12 juin 2026
3 min

Sommaire

Hôtel, Café, Restaurant : créez votre société gratuitement avec L-Expert-Comptable.com !

Nos équipes vous conseillent et s'occupent de toutes les démarches administratives de la création de votre structure.

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Comment ouvrir un restaurant ? Les étapes

Ouvrir son restaurant demande de suivre un parcours précis, de l'idée initiale jusqu'au jour de l'ouverture. Voici les grandes étapes dans l'ordre chronologique :

ÉtapesCe que ça impliqueQuand ?
1. Choisir entre création, reprise ou franchiseDéfinir son concept et son mode d'entrée sur le marchéEn amont du projet
2. Construire son business planValider la viabilité financière avec un prévisionnel chiffréAvant de chercher un financement
3. Choisir son statut juridique et créer sa sociétéSARL, SAS, EURL ou micro-entreprise selon le profil et les ambitionsAvant l'immatriculation
4. Trouver son financementApport personnel, emprunt bancaire, aides (ACRE, ARCE, prêt d'honneur)Avant de signer le bail
5. Trouver un local et signer le bail commercialEmplacement, droit au bail, pas-de-porte, mise aux normes ERPDès le financement bouclé
6. Réaliser les formalités administrativesImmatriculation, déclarations fiscales et sociales, autorisationsDès le local trouvé
7. Suivre les formations et obtenir les licencesPermis d'exploitation, HACCP, licence restaurantAvant l'ouverture
8. Souscrire les assurances et ouvrir les portesRC Pro, multirisque professionnelle, mutuelle pour les salariésAvant le premier jour d'ouverture

Créer ou reprendre un restaurant : quel parcours choisir ?

Avant de se lancer dans les formalités, la première décision à prendre est le mode d'entrée : créer un restaurant de zéro, reprendre un fonds de commerce existant ou rejoindre une franchise. Ce choix conditionne le budget, le délai d'ouverture et le niveau de liberté sur le concept.

Créer un restaurant de zéro

Créer un restaurant à partir d'un local vide donne une liberté totale sur le concept, la carte et le positionnement. C'est le choix des porteurs de projet qui veulent bâtir une identité forte et unique.

Le parcours comprend la recherche d'un local commercial adapté, la signature d'un bail commercial (qui accorde au locataire un droit au renouvellement grâce à la propriété commerciale), puis les travaux d'aménagement et la mise aux normes ERP (Établissement Recevant du Public). Il faut aussi acheter tout le matériel de cuisine et le mobilier de salle.

Le délai moyen est de 6 à 12 mois entre le début des recherches et l'ouverture. Le budget est souvent supérieur à celui d'une reprise, car tout est à construire : agencement, équipements, notoriété.

Reprendre un fonds de commerce existant

Reprendre un restaurant existant, c'est racheter un fonds de commerce : clientèle, enseigne, matériel, droit au bail. La mutation du fonds de commerce implique des formalités d'enregistrement et de publication légale.

L'avantage principal est la rapidité : l'activité peut redémarrer en quelques semaines, avec une clientèle déjà en place et un local équipé. Le pas-de-porte ou le droit au bail est inclus dans le prix de cession.

Attention : avant de signer, vérifiez les comptes des trois derniers exercices, l'état réel du matériel de cuisine et les conditions du bail commercial en cours (durée restante, loyer, clause de renouvellement). Un accompagnement par un expert-comptable est vivement recommandé pour analyser les chiffres du cédant.

Ouvrir en franchise ou en indépendant

La franchise apporte une notoriété immédiate et un accompagnement structuré (formation, approvisionnement, marketing). En contrepartie, elle implique un droit d'entrée (15 000 à 50 000 € selon les enseignes) et une redevance sur CA (5 à 7 % en moyenne).

L'indépendant garde une liberté totale sur son concept, sa carte et sa gestion. La notoriété est à construire, mais les marges sont intégralement conservées.

CritèreFranchiseIndépendant
Coût d'entrée15 000 à 50 000 € (droit d'entrée)Aucun
Redevance sur CA5 à 7 % du CAAucune
Liberté du conceptLimitée (cahier des charges imposé)Totale
Accompagnement et formationInclus par l'enseigneÀ organiser soi-même
Notoriété de départImmédiate (marque connue)À construire
Délai d'ouverture3 à 6 mois (process rodé)6 à 12 mois

Le choix dépend du budget disponible, de l'expérience en restauration et de l'appétence pour l'autonomie. Un porteur de projet sans expérience dans le secteur peut trouver dans la franchise un cadre rassurant pour démarrer. Pour comprendre ce que recouvre exactement ce qu'est une franchise, il est utile d'en connaître les mécanismes avant de s'engager.

Quelles sont les étapes administratives pour ouvrir un restaurant ?

Une fois le financement bouclé, place aux formalités de création. Trois grandes étapes se succèdent :

  • Déposer le dossier de création au guichet unique
  • Réaliser les déclarations auprès des impôts et de l'URSSAF
  • Demander les licences et autorisations propres à la restauration

Immatriculer la société

La création de la société passe par plusieurs formalités : rédaction des statuts, dépôt du capital social sur un compte bloqué, publication d'une annonce légale dans un journal habilité, puis dépôt du dossier sur le guichet unique de l'INPI.

Les frais sont relativement modestes : environ 37,45 € TTC de frais de greffe pour une société commerciale, 120 à 150 € HT pour l'annonce légale et 21,41 € TTC de frais de déclaration des bénéficiaires effectifs (DBE).

Effectuer les déclarations fiscales et sociales

Dès l'immatriculation obtenue, plusieurs démarches s'enchaînent :

  1. Créer l'espace professionnel sur impots.gouv.fr
  2. Renvoyer le questionnaire 751-SD au Service des Impôts des Entreprises (SIE) dans les 30 jours suivant sa réception
  3. Déposer la déclaration initiale de CFE (formulaire 1447-C-SD) avant le 31 décembre de l'année de création
  4. Créer le compte URSSAF Indépendant (pour un gérant TNS de SARL/EURL) ou gérer la paie via un prestataire (pour un président de SAS/SASU)
  5. Signer le mandat SEPA pour les prélèvements automatiques des impôts

L-Expert-Comptable.com accompagne les restaurateurs dans leurs démarches de création d'entreprise. 0 €, sans engagement. De la rédaction des statuts jusqu'à l'obtention du Kbis.

Obtenir les autorisations spécifiques

Un restaurant doit obtenir plusieurs autorisations avant d'ouvrir ses portes :

  • Déclaration d'ouverture en mairie ou en préfecture, au moins 15 jours avant l'ouverture
  • Demande de licence restaurant ou de licence de débit de boissons
  • Déclaration de manipulation de denrées alimentaires d'origine animale auprès de la DDPP (Direction Départementale de la Protection des Populations)
  • Mise en place des affichages obligatoires : prix, liste des allergènes, origine des viandes bovines, interdiction de fumer, licence d'exploitation

Peut-on ouvrir un restaurant sans diplôme ?

Oui, il est tout à fait possible d'ouvrir un restaurant sans diplôme en cuisine.

Aucun diplôme obligatoire pour devenir restaurateur

Contrairement aux idées reçues, aucun diplôme en cuisine (CAP, BEP, Bac Pro) n'est exigé pour créer ou reprendre un restaurant. La loi n'impose aucune qualification professionnelle spécifique pour devenir restaurateur. D'ailleurs, aucun diplôme n'est obligatoire pour créer une entreprise dans la grande majorité des secteurs d'activité.

Ce qui compte en pratique : des compétences en gestion, une bonne endurance physique, un sens commercial développé et la capacité à manager une équipe. Il est aussi tout à fait possible d'embaucher un chef diplômé tout en étant soi-même gérant sans formation culinaire.

Les formations obligatoires à suivre

Si aucun diplôme n'est requis, des formations réglementaires sont en revanche obligatoires. Le permis d'exploitation est exigé dès lors que le restaurant sert de l'alcool. La formation hygiène alimentaire HACCP doit être suivie par au moins une personne travaillant dans l'établissement. Et si vous vendez de l'alcool à emporter entre 22 h et 8 h, la formation PVBAN (Permis de Vente de Boissons Alcooliques la Nuit) s'ajoute à la liste.

Pour aller plus loin, consultez notre guide pour savoir quelles formations pour ouvrir un restaurant sont nécessaires.

Comment construire le business plan d'un restaurant ?

Le business plan d'un restaurant est le document qui valide la viabilité financière du projet et convainc les financeurs. Il se construit en trois temps :

  • Analyser la zone de chalandise et la concurrence locale
  • Chiffrer le CA prévisionnel et calculer le seuil de rentabilité
  • Boucler le financement entre apport personnel, emprunt et aides

L'étude de marché et le choix de l'emplacement

L'emplacement conditionne une grande partie du succès d'un restaurant. L'étude de marché doit analyser la zone de chalandise : flux piéton quotidien, pouvoir d'achat des habitants et salariés du quartier, accessibilité (transports, parking).

L'analyse de la concurrence directe est tout aussi importante : combien de restaurants dans un rayon de 500 mètres ? Quel type de cuisine ? Quelle gamme de prix ? Les avis clients donnent des indications précieuses sur les attentes non satisfaites. Pour structurer cette démarche, s'appuyer sur une méthode d'étude de marché rigoureuse est un atout majeur.

C'est à partir de cette analyse que se définit le concept et le positionnement : fast-casual, gastronomique, thématique, bistronomique. Le ticket moyen découle directement de ce positionnement.

Le prévisionnel financier

Le chiffre d'affaires prévisionnel se calcule avec une formule simple :

CA annuel = ticket moyen × nombre de couverts × taux de remplissage × jours d'ouverture

Prenons un exemple concret. Un restaurant de 40 couverts, avec un ticket moyen de 18 €, un taux de remplissage de 65 % et 300 jours d'ouverture par an :

18 € × 40 × 0,65 × 300 = 140 400 € de CA annuel

Côté charges, les deux postes majeurs en restauration sont le coût matière (achat des denrées alimentaires), qui doit rester entre 25 et 35 % du CA, et la masse salariale, qui pèse généralement 30 à 40 % du CA.

Le seuil de rentabilité correspond au CA minimum pour couvrir l'ensemble des charges fixes et variables. Formule simplifiée :

Seuil de rentabilité = charges fixes ÷ taux de marge sur coûts variables

Si les charges fixes mensuelles (loyer, assurances, énergie, comptabilité, remboursement d'emprunt) s'élèvent à 6 000 € et que le taux de marge sur coûts variables est de 60 %, le point mort se situe à 10 000 € de CA mensuel. En dessous, le restaurant perd de l'argent.

Le besoin en fonds de roulement (BFR) est un poste souvent sous-estimé en restauration. Les fournisseurs alimentaires sont payés rapidement (souvent à 7 ou 15 jours), alors que les clients paient comptant. Le BFR couvre le décalage entre les achats de stock initial et les premières recettes.

Le plan de financement

Les banques exigent généralement un apport personnel de 20 à 30 % du montant total du projet. Pour un projet à 120 000 €, cela veut dire 24 000 à 36 000 € d'apport.

Le reste se répartit entre l'emprunt bancaire (sur 5 à 7 ans en moyenne) et les aides éventuelles (ACRE, ARCE, prêt d'honneur). Le dossier bancaire doit contenir le business plan complet, le prévisionnel sur 3 ans, le CV du porteur de projet et les devis des travaux et équipements.

Quel statut juridique choisir pour un restaurant ?

Le statut juridique détermine le régime social du dirigeant, le niveau de cotisations, la fiscalité applicable et la capacité à s'associer. Pour déterminer quel est le statut le plus adapté à votre projet d'ouverture de restaurant, vous pouvez utiliser notre simulateur de statut juridique gratuit.

SARL : le choix historique en restauration

La SARL reste le statut le plus répandu en restauration. Le gérant majoritaire relève du régime TNS (Travailleur Non Salarié), avec des cotisations sociales d'environ 45 % du net. Concrètement, 1 000 € de rémunération nette coûtent environ 1 450 € à l'entreprise.

La rémunération se fait par simple virement, sans fiche de paie ni DSN. C'est un avantage en termes de simplicité de gestion. La première année, les cotisations URSSAF sont forfaitaires (environ 3 500 €), puis régularisées en mai de l'année suivante sur la base des revenus réels.

La SARL est particulièrement adaptée aux projets avec plusieurs associés, par exemple un associé en cuisine et un autre en salle.

SARL ou SAS ? Le vrai coût  pour le dirigeant d'un restaurant

SAS/SASU : plus de souplesse statutaire

En SAS ou SASU, le président est assimilé salarié et relève du régime général de la sécurité sociale. Les cotisations sont plus élevées : environ 82 % du net, soit un coût total d'environ 1 820 € pour 1 000 € de rémunération nette.

En contrepartie, le président bénéficie d'une meilleure couverture sociale (retraite, prévoyance). La fiche de paie et la DSN sont obligatoires chaque mois. Sans rémunération, aucune cotisation n'est due, mais aucune couverture sociale n'est acquise non plus.

La SAS se distingue par la grande souplesse de ses statuts. L'entrée d'investisseurs ou de nouveaux associés est facilitée par la liberté de rédaction des clauses statutaires.

Micro-entreprise : simple mais peu adaptée

La micro-entreprise séduit par sa simplicité, mais ses plafonds de CA sont vite atteints en restauration : 203 100 € pour la vente de marchandises et 83 600 € pour les prestations de services. Un restaurant qui fonctionne correctement dépasse souvent ces seuils dès la deuxième année.

Autre limite : la micro-entreprise ne permet pas de déduire les charges réelles (loyer, matériel, salaires) et la franchise en base de TVA est rapidement dépassée. Si vous envisagez de passer de la micro-entreprise à une société, mieux vaut anticiper cette transition dès le départ.

L'EURL à l'IS est une alternative plus adaptée pour un restaurateur seul qui souhaite piloter sa rémunération et déduire ses charges. Le gérant unique est TNS, comme en SARL.

Tableau comparatif des statuts pour un restaurant

CritèreSARLSAS/SASUEURLMicro-entreprise
Régime social du dirigeantTNSAssimilé salariéTNSTNS
Cotisations sociales (% du net)~45 %~82 %~45 %12,3 % à 21,2 % du CA
TVARégime réelRégime réelRégime réelFranchise en base (seuils bas)
ResponsabilitéLimitée aux apportsLimitée aux apportsLimitée aux apportsPatrimoine professionnel engagé
Nombre d'associés2 à 1001 à illimité1 seul1 seul
Souplesse statutaireEncadrée par la loiTrès libreEncadrée par la loiTrès simple
RecommandationProjet avec associés, budget maîtriséInvestisseurs, développement rapideRestaurateur seul, projet modéréPetit projet test uniquement

Quel budget prévoir pour ouvrir un restaurant ?

Le budget pour ouvrir un restaurant varie fortement selon le concept, l'emplacement et le choix entre création et reprise. Voici les grandes catégories de dépenses à anticiper.

Les principaux postes de dépenses

Les dépenses se répartissent en plusieurs catégories : 

  • le droit au bail ou le pas-de-porte (qui peut peser à lui seul plusieurs dizaines de milliers d'euros en centre-ville)
  • les travaux d'aménagement et la mise aux normes ERP
  • le matériel de cuisine professionnel, le mobilier de salle, le stock initial de denrées alimentaires
  • la trésorerie de démarrage et les frais de création (greffe, annonce légale, assurances).

En ordre de grandeur, comptez entre 80 000 et 150 000 € pour un restaurant de taille standard en reprise de local équipé. Une création dans un local nu en centre-ville peut dépasser 200 000 €.

Le fonds de roulement est le poste le plus souvent sous-estimé par les créateurs. Il couvre les premières semaines d'exploitation avant que les recettes ne couvrent les charges courantes : salaires, fournisseurs, loyer, énergie. Prévoyez au minimum 2 à 3 mois de charges fixes en trésorerie de démarrage.

Quelles aides financières pour ouvrir un restaurant ?

Plusieurs dispositifs permettent de réduire le coût de lancement ou de compléter l'apport personnel. Les trois principaux sont l'ACRE, l'ARCE et les prêts d'honneur. Pour une vue d'ensemble, retrouvez toutes les aides financières pour la création d'entreprise disponibles selon votre profil.

L'ACRE (Aide à la Création ou Reprise d'Entreprise)

L'ACRE accorde une exonération partielle de cotisations sociales pendant les 12 premiers mois d'activité. Elle est accessible aux demandeurs d'emploi, aux bénéficiaires du RSA, aux jeunes de moins de 26 ans et à d'autres profils éligibles.

La demande d'ACRE se fait au moment de la création de l'entreprise ou dans les 60 jours suivants. L'exonération porte sur les cotisations maladie, maternité, retraite et allocations familiales. C'est un coup de pouce significatif la première année, quand les revenus sont encore faibles.

L'ARCE (Aide à la Reprise ou Création d'Entreprise)

L'ARCE permet de convertir 60 % des droits ARE (allocations chômage) restants en capital. Le versement se fait en deux fois : 30 % au démarrage de l'activité, puis 30 % six mois après, à condition que l'entreprise existe toujours et que le créateur n'exerce pas de CDI à temps plein.

C'est une alternative au maintien de l'ARE (cumul allocation + revenus d'activité). Le choix entre ARCE et maintien de l'ARE est irréversible. L'ARCE est souvent privilégiée par les restaurateurs qui ont besoin de trésorerie immédiate pour financer les travaux et le stock initial. Pour bien comprendre les règles du cumul chômage et création d'entreprise, il est conseillé de se renseigner avant de faire son choix.

Le prêt d'honneur et les aides locales

Le prêt d'honneur est un prêt personnel à taux zéro, accordé au porteur de projet (pas à la société). Deux réseaux principaux le distribuent :

  • Initiative France : jusqu'à 50 000 € à taux zéro, remboursable sur 2 à 5 ans
  • Réseau Entreprendre : accompagnement + prêt d'honneur pour les projets créateurs d'emploi

Le prêt d'honneur a un effet de levier sur le financement bancaire : chaque euro de prêt d'honneur permet d'obtenir en moyenne 7 à 8 euros de prêt bancaire.

BPI France peut aussi intervenir en garantissant jusqu'à 60 % du prêt bancaire, ce qui réduit le risque pour la banque et facilite l'obtention du crédit.

Des aides régionales et communales existent aussi selon la zone d'implantation : zones rurales, quartiers prioritaires de la politique de la ville, zones de revitalisation rurale (ZRR). Renseignez-vous auprès de votre CCI ou de votre mairie.

Quelles sont les obligations réglementaires pour ouvrir un restaurant ?

La licence restaurant et la licence de débit de boissons

La licence restaurant permet de servir de l'alcool uniquement à l'occasion des repas. C'est la licence dont ont besoin la plupart des restaurants classiques.

La licence de débit de boissons est nécessaire pour servir de l'alcool en dehors des repas (bar attenant au restaurant, happy hour, comptoir). Elle se décline en deux catégories :

  • Licence III (licence restreinte) : autorise la vente de boissons fermentées non distillées (vin, bière, cidre). Pour en savoir plus sur la licence 3 pour la vente de boissons alcoolisées, consultez notre article dédié.
  • Licence IV (grande licence) : autorise la vente de tous les alcools, y compris les spiritueux.

La licence IV est contingentée : elle ne se crée plus depuis 1941. Pour en obtenir une, il faut la racheter à un établissement existant ou la transférer depuis une autre commune (sous conditions). Son prix varie de quelques milliers d'euros en zone rurale à plus de 100 000 € dans les grandes villes. Les démarches pour obtenir une licence 4 sont encadrées et nécessitent une attention particulière.

La déclaration de licence se fait en mairie ou en préfecture au moins 15 jours avant l'ouverture.

Les normes ERP et accessibilité

Un restaurant est classé ERP de type N (restauration). Les obligations dépendent de la catégorie, déterminée par la capacité d'accueil :

  • Sécurité incendie : extincteurs, issues de secours dégagées et signalées, alarme, éclairage de sécurité
  • Accessibilité PMR : accès, circulation et sanitaires adaptés
  • Visite de la commission de sécurité avant ouverture (obligatoire pour les ERP de 1ère à 4ème catégorie)
  • Affichages obligatoires : capacité maximale d'accueil, interdiction de fumer, liste des allergènes, origine des viandes bovines

L'ensemble de ces obligations doit être en place avant le premier jour d'ouverture. Un contrôle de la DDPP ou de la commission de sécurité peut intervenir à tout moment, y compris de manière inopinée.

Quelle fiscalité et quelle gestion comptable pour un restaurant ?

La restauration cumule plusieurs particularités fiscales et comptables : des taux de TVA multiples, un choix stratégique entre IS et IR, et des obligations de caisse renforcées.

TVA en restauration : quels taux appliquer ?

Un restaurant applique jusqu'à trois taux de TVA différents selon la nature du produit vendu :

Type de produit ou serviceTaux de TVAExemples
Repas consommés sur place10 %Plat du jour, menu, dessert
Plats à emporter (préparés)10 %Pizza à emporter, burger, salade
Boissons non alcoolisées sur place10 %Café, jus de fruits, soda
Boissons alcoolisées (sur place et à emporter)20 %Vin, bière, cocktail, digestif
Produits alimentaires non transformés à emporter5,5 %Bouteille d'eau, pain, viennoiserie
Prestations traiteur (avec service)10 %Buffet, cocktail dînatoire

Les seuils de franchise en base de TVA (85 000 € pour la vente, 37 500 € pour les services) sont vite dépassés en restauration. La quasi-totalité des restaurants sont donc assujettis à la TVA dès les premiers mois.

IS ou IR : quel régime d'imposition ?

Le choix entre l'IS ou l'IR dépend du niveau de bénéfice et de la situation personnelle du dirigeant.

L'IS taxe les bénéfices de la société à un taux réduit de 15 % sur les 42 500 premiers euros (sous conditions : CA inférieur à 10 millions d'euros, capital entièrement libéré et détenu à 75 % ou plus par des personnes physiques), puis à 25 % au-delà.

L'IR soumet les bénéfices au barème progressif de l'impôt sur le revenu du dirigeant. Ce régime peut être intéressant les premières années si le restaurant génère un déficit : celui-ci s'impute sur les autres revenus du foyer fiscal.

En pratique, la majorité des restaurants en société optent pour l'IS, qui permet de piloter la rémunération du dirigeant et de lisser la fiscalité.

Les obligations comptables du restaurateur

Un restaurant en société doit tenir une comptabilité complète : bilan, compte de résultat et annexe. Le dépôt de la liasse fiscale se fait dans les 3 mois suivant la clôture de l'exercice (4 mois si clôture au 31 décembre).

La gestion de la caisse est un point de vigilance majeur. Depuis 2018, tout restaurant doit utiliser un logiciel de caisse certifié NF525, qui garantit l'inaltérabilité, la sécurisation, la conservation et l'archivage des données de transaction. L'absence de logiciel certifié expose à une amende de 7 500 €.

Les justificatifs (factures fournisseurs, tickets de caisse, relevés bancaires) doivent être conservés pendant 10 ans.

L-Expert-Comptable.com propose un accompagnement dédié aux restaurateurs dès 109 € HT/mois : tenue comptable, déclarations de TVA, bilan et liasse fiscale, avec un conseiller dédié disponible sous 24h.

Quelles assurances souscrire pour un restaurant ?

Un restaurant est exposé à des risques spécifiques : intoxication alimentaire, chute d'un client, incendie en cuisine, dégât des eaux. Trois types d'assurance couvrent ces risques.

La RC Pro : indispensable en restauration

La responsabilité civile professionnelle couvre les dommages causés aux clients dans le cadre de l'activité : intoxication alimentaire, allergie non signalée, chute dans l'établissement, brûlure. Elle n'est pas légalement obligatoire pour un restaurateur, mais en pratique, ouvrir sans RC Pro est un risque financier majeur.

Le coût varie selon la taille du restaurant, le CA et les garanties choisies. Comptez à partir de 300 à 500 € par an pour un établissement de taille standard.

L'assurance multirisque professionnelle

La multirisque professionnelle protège les locaux et le matériel contre les sinistres : incendie, dégât des eaux, vol, bris de glace. Elle inclut généralement une garantie perte d'exploitation, qui compense la perte de CA pendant la période de fermeture forcée après un sinistre.

Pour un restaurant, l'investissement en matériel de cuisine est souvent conséquent (four, chambre froide, piano de cuisson). La multirisque est le filet de sécurité qui protège cet investissement.

Mutuelle et prévoyance du dirigeant

Dès l'embauche du premier salarié, l'employeur doit mettre en place une mutuelle obligatoire en entreprise avec une prise en charge patronale d'au minimum 50 % des cotisations. Cette obligation s'applique à tous les salariés du restaurant (serveurs, cuisiniers, plongeurs).

Pour le dirigeant lui-même, la prévoyance est vivement recommandée. Elle maintient les revenus en cas d'arrêt de travail prolongé, d'invalidité ou de décès. Un restaurateur qui tombe malade sans prévoyance se retrouve sans revenu et sans remplacement. Les cotisations de mutuelle et de prévoyance sont déductibles sous conditions (contrat collectif et responsable).

Les questions fréquentes sur comment ouvrir un restaurant

Quel est le meilleur statut juridique pour ouvrir un restaurant ?

La SARL est le statut le plus courant en restauration grâce à ses cotisations sociales modérées (~45 % du net). La SAS convient mieux pour faire entrer des investisseurs. La micro-entreprise est rarement adaptée car les plafonds de CA sont vite atteints.

Ouvrir un restaurant en micro-entreprise est-il possible ?

Oui, c'est possible. Toutefois, la micro-entreprise est rarement adaptée car les plafonds de CA sont vite atteints.

Peut-on ouvrir un restaurant sans diplôme en cuisine ?

Oui. Aucun diplôme en cuisine n'est légalement requis. Les seules obligations sont les formations réglementaires : le permis d'exploitation (si vente d'alcool) et la formation hygiène alimentaire HACCP (au moins une personne dans l'établissement). Vous pouvez aussi embaucher un chef diplômé.

Combien coûte l'ouverture d'un restaurant en moyenne ?

Le budget pour ouvrir un restaurant dépend de plusieurs facteurs. Pour un restaurant de 40 couverts en reprise de local, comptez entre 80 000 et 150 000 €. Une création dans un local nu en centre-ville peut dépasser 200 000 €. Les principaux postes sont le droit au bail, les travaux, le matériel de cuisine et la trésorerie de démarrage.

Quelle est la différence entre une licence restaurant et une licence IV ?

La licence restaurant autorise la vente d'alcool uniquement pendant les repas. La licence IV permet de vendre tout type d'alcool, y compris en dehors des repas. La licence IV ne se crée plus : elle doit être rachetée à un établissement existant.

Est-ce qu'on peut ouvrir un restaurant sans apport personnel ?

Généralement, non. Pour la simple et bonne raison que les banques exigent généralement 20 à 30 % d'apport. Un prêt d'honneur (jusqu'à 50 000 € à taux zéro via Initiative France ou Réseau Entreprendre) ou l'ARCE (60 % des droits chômage convertis en capital) peuvent aider à constituer cet apport.

Quels sont les taux de TVA applicables dans un restaurant ?

Trois taux de TVA existent : 10 % pour les repas sur place et les plats à emporter, 5,5 % pour certains produits alimentaires à emporter (eau, pain), et 20 % pour les boissons alcoolisées. Un logiciel de caisse certifié NF525 est obligatoire pour gérer ces taux.

Faut-il un permis d'exploitation pour ouvrir un restaurant ?

Oui, dès lors que le restaurant sert de l'alcool. Le permis est valable 10 ans et conditionne l'obtention de la licence restaurant ou de la licence de débit de boissons.

Quelles formations sont obligatoires pour ouvrir un restaurant ?

Deux formations sont obligatoires : le permis d'exploitation (si vente d'alcool) et la formation hygiène alimentaire HACCP (au moins une personne dans l'établissement). La formation PVBAN s'ajoute en cas de vente d'alcool à emporter la nuit.

Comment calculer le seuil de rentabilité d'un restaurant ?

Le seuil de rentabilité correspond au CA minimum pour couvrir toutes les charges. Formule : charges fixes mensuelles ÷ taux de marge sur coûts variables. Un restaurant de 40 couverts atteint souvent son point mort autour de 8 000 à 12 000 € de CA mensuel.

Quelles aides de l'État pour ouvrir un restaurant ?

Les principales aides sont l'ACRE (exonération partielle de cotisations pendant 12 mois), l'ARCE (60 % des droits ARE en capital), les prêts d'honneur à taux zéro et la garantie BPI France (jusqu'à 60 % du prêt bancaire). Des aides régionales existent aussi selon la zone d'implantation.

Sources & Références

Service-Public : Ouvrir un restaurant

Urssaf : Devenir artisan ou commerçant : tout savoir

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  • ChatGPT
  • Perplexity
  • Claude

A propos de l'auteur

Deborha-Vindiolet-expert-comptable
Déborha VINDIOLET Leader comptable chez L'Expert-Comptable.com avec plus de 6 ans d'expérience dans le domaine. Diplômée en DCG et BTS Comptabilité. Voir tous ses articles
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