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L'article en bref

  • L'associé non salarié peut se rémunérer de deux façons : une rémunération de gérance déductible de l'IS, ou des dividendes soumis à la flat tax.
  • Le gérant majoritaire de SARL subit la règle des 10 % : les dividendes dépassant ce seuil du capital social sont soumis aux cotisations TNS.
  • Les dividendes sont taxés par défaut à 31,4 % : le barème progressif n'est avantageux qu'en dessous d'un taux marginal de 12,8 %.
  • En SAS, les dividendes échappent aux cotisations sociales : contrairement à la SARL, aucune règle des 10 % ne vient alourdir la distribution.
  • L-Expert-Comptable.com propose des missions de conseil sur la rémunération : un expert dédié simule l'arbitrage optimal entre rémunération de gérance et dividendes.
Mis à jour le 5 juin 2026
4 min

Sommaire

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Gérant majoritaire, gérant minoritaire ou simple associé non gérant : selon votre situation dans la société, vos options de rémunération ne sont pas les mêmes. Et les règles fiscales et sociales qui s'appliquent varient significativement. Voici un tour complet des possibilités en 2026.

Associé non salarié : les trois situations à distinguer

Avant de parler de rémunération, il faut identifier votre statut précis dans la société. Ce statut conditionne vos obligations sociales, vos options de rémunération et leur traitement fiscal.

SituationDéfinitionRégime social
Gérant majoritaireDétient personnellement ou par personne interposée plus de 50 % des partsTNS (Sécurité Sociale des Indépendants)
Gérant minoritaire ou égalitaireDétient 50 % ou moins des partsAssimilé salarié (régime général) ou TNS selon les cas
Associé non gérantDétient des parts sans exercer de mandat socialPas de régime social spécifique (uniquement IR sur dividendes)

La "personne interposée" inclut le conjoint, les enfants mineurs non émancipés et toute personne morale interposée. Si vous détenez 40 % des parts mais que votre conjoint en détient 15 %, vous êtes gérant majoritaire.

Vous êtes gérant associé majoritaire

En tant que gérant détenant plus de 50 % des parts, vous relevez du régime des travailleurs non salariés (TNS), désormais géré par la Sécurité Sociale des Indépendants (SSI) intégrée à l'Urssaf depuis 2020 (et non plus par le RSI, supprimé en janvier 2020).

La rémunération de gérance

Le Code de commerce n'impose aucun montant, aucune fréquence et aucune forme particulière pour la rémunération du gérant. Elle peut être :

  • fixe ou proportionnelle au chiffre d'affaires ou aux bénéfices ;
  • mensuelle, trimestrielle ou annuelle ;
  • fixée par les statuts, par une assemblée générale des associés ou par décision de l'associé unique.

En pratique, le montant est souvent validé lors de l'assemblée générale annuelle d'approbation des comptes. Si la société est soumise à l'impôt sur les sociétés (IS), cette rémunération est déductible du résultat imposable, ce qui en réduit le coût fiscal global. Elle reste soumise à cotisations sociales TNS dans tous les cas.

Les cotisations TNS représentent en moyenne 40 à 45 % de la rémunération nette, selon votre revenu. Elles ouvrent des droits à la retraite, à l'assurance maladie et aux indemnités journalières — mais à des niveaux inférieurs à ceux du régime général. Utilisez notre simulateur de revenu net EURL pour estimer votre rémunération réelle après cotisations.

Les dividendes pour le gérant majoritaire : la règle des 10 %

En tant qu'associé d'une société soumise à l'IS, vous pouvez percevoir des dividendes en plus de votre rémunération de gérance. Mais une règle spécifique s'applique au gérant majoritaire de SARL : la règle des 10 % du capital social élargi.

La fraction de dividendes qui dépasse 10 % du capital social + primes d'émission + apports en compte courant d'associé est soumise aux cotisations sociales TNS, au même titre qu'une rémunération. Elle s'ajoute donc à la base de calcul de vos charges sociales.

En revanche, la fraction en dessous de ce seuil de 10 % est soumise au régime fiscal des dividendes classique (PFU ou barème progressif) sans cotisations sociales supplémentaires.

Dividendes du gérant majoritaire

Exemple concret : votre capital social est de 10 000 € et vous n'avez pas de compte courant d'associé. Le seuil de 10 % est donc de 1 000 €. Si vous percevez 15 000 € de dividendes : les 1 000 premiers euros sont taxés uniquement à la flat tax (PFU 31,4 %), et les 14 000 € restants sont soumis aux cotisations TNS — soit potentiellement 6 000 à 6 500 € de charges sociales supplémentaires. Pour un capital social de 1 000 €, se verser massivement des dividendes peut donc coûter très cher socialement. Consultez notre calculateur de dividendes pour simuler précisément votre situation.

Vous êtes gérant associé minoritaire

Les gérants détenant 50 % ou moins des parts sociales (personnellement ou par personne interposée) sont considérés comme gérants minoritaires ou égalitaires. Leur régime social est celui de l'assimilé salarié : ils cotisent au régime général de la Sécurité sociale, comme un salarié, mais sans le bénéfice de l'assurance chômage.

Deux modes de rémunération sont possibles :

  • La rémunération de mandat social : dans les mêmes conditions que le gérant majoritaire. Elle est déductible du résultat si la société est à l'IS, et soumise aux cotisations du régime général.
  • Un contrat de travail : si le gérant minoritaire exerce en parallèle une fonction technique distincte de son mandat (responsable commercial, directeur technique…), un contrat de travail peut être signé. Il est alors salarié pour cette activité spécifique, avec toutes les protections du droit du travail.

Le cumul mandat social + contrat de travail est possible pour le gérant minoritaire, mais le lien de subordination (condition du contrat de travail) doit être réel et vérifiable. Si les fonctions salariées et les fonctions de gérant se confondent, le contrat de travail risque d'être requalifié. Vérifiez ce point avec votre conseil en droit du dirigeant.

Les dividendes pour le gérant minoritaire

En tant qu'associé, le gérant minoritaire a droit aux dividendes proportionnellement à ses parts. Leur montant est décidé lors de l'assemblée générale annuelle d'affectation du résultat. Contrairement au gérant majoritaire, la totalité des dividendes perçus par le gérant minoritaire relève du régime fiscal des dividendes — sans cotisations sociales TNS, quelle que soit la fraction distribuée.

Les dividendes sont imposables selon deux régimes au choix :

  • Le Prélèvement Forfaitaire Unique (PFU), aussi appelé flat tax, au taux global de 31,4 % en 2026 (12,8 % au titre de l'IR + 18,6 % de prélèvements sociaux). C'est le régime par défaut, appliqué automatiquement.
  • Le barème progressif de l'IR, sur option (case 2OP de la déclaration de revenus). Cette option s'applique à l'ensemble des revenus de capitaux mobiliers de l'année et est irrévocable. Elle donne accès à un abattement de 40 % sur les dividendes et à la déductibilité partielle de la CSG (6,8 %), mais les prélèvements sociaux de 18,6 % restent dus sur le montant brut. Pour comparer les deux options, utilisez notre article sur le choix entre flat tax et barème progressif.
RégimeTaux IRPrélèvements sociauxAbattementAvantage
PFU (flat tax)12,8 %18,6 %AucunSimple, préférable si TMI ≥ 30 %
Barème progressif0 % à 45 % selon tranche18,6 %40 % sur dividendesPréférable si TMI < 12,8 %

Vous êtes associé non gérant

Sans mandat de gérance, vous ne pouvez pas percevoir de rémunération de la société à ce titre. Vos revenus proviennent exclusivement des dividendes, distribués en fonction de votre quote-part dans le capital.

Les règles fiscales sont identiques à celles décrites pour le gérant minoritaire : PFU à 31,4 % par défaut ou barème progressif sur option, avec l'abattement de 40 % dans ce second cas. La règle des 10 % propre aux TNS ne s'applique pas ici, sauf si vous détenez un mandat dans une société soumise à l'IS et que vous êtes par ailleurs considéré comme TNS (ex : associé unique d'EURL).

Un associé non gérant peut travailler dans la société en signant un contrat de travail. Ce contrat est distinct du statut d'associé et doit correspondre à un lien de subordination réel. Sans contrat de travail ni mandat, toute activité fournie à la société est présumée bénévole — ou risque d'être requalifiée en travail dissimulé.

Les frais que tout associé doit anticiper

Que vous perceviez une rémunération de gérance ou des dividendes, le montant brut n'est jamais le montant que vous percevez réellement. Il faut systématiquement déduire :

  • Pour la rémunération TNS : les cotisations sociales (environ 40 à 45 % de la rémunération nette), prélevées trimestriellement puis régularisées annuellement sur la base du revenu définitif.
  • Pour les dividendes sous PFU : 31,4 % prélevés à la source par la société au moment du versement.
  • Pour les dividendes du gérant majoritaire SARL dépassant 10 % du capital : cotisations TNS supplémentaires sur la fraction excédentaire.

Le calcul est souvent contre-intuitif. Un dirigeant TNS qui se verse 3 000 € de rémunération mensuelle brute génère en réalité environ 1 300 à 1 400 € de cotisations sociales — qui s'ajoutent à l'IR. Ne jamais planifier sa trésorerie sur le montant brut sans avoir simulé l'impact net réel. Votre expert-comptable est le mieux placé pour effectuer ces projections en tenant compte de votre situation personnelle et de la structure de votre société.

SARL contre SAS : la vraie différence sur les dividendes que peu d'entrepreneurs anticipent

Une question revient constamment chez les créateurs : "Vaut-il mieux une SARL ou une SAS pour optimiser ma rémunération ?" La réponse dépend d'un seul paramètre décisif, rarement expliqué clairement.

En SARL avec un gérant majoritaire, les dividendes dépassant 10 % du capital social élargi sont soumis aux cotisations sociales TNS (environ 40 à 45 %). En pratique, avec un capital de 1 000 €, presque la totalité de vos dividendes sera taxée socialement. Le bénéfice fiscal de la flat tax disparaît alors presque entièrement.

En SAS ou SASU, le président n'est pas TNS mais assimilé salarié. Ses dividendes ne sont jamais soumis aux cotisations sociales, quel que soit le montant distribué. La flat tax à 31,4 % s'applique sur l'intégralité des dividendes, sans surcoût social.

Simulation comparée : deux dirigeants perçoivent chacun 50 000 € de dividendes, dans une société au capital de 1 000 €.

StatutFraction sous 10 % du capitalFraction soumise aux cotisationsCotisations socialesPFU appliqué surCoût total approximatif
Gérant majoritaire SARL100 € (10 % de 1 000 €)49 900 €~22 000 €100 €~22 000 + 31 € = ~22 031 €
Président SAS/SASUn/a (règle des 10 % inapplicable)0 €0 €50 000 €50 000 × 31,4 % = 15 700 €

L'économie en faveur de la SAS/SASU est ici de plus de 6 000 € sur une même distribution de 50 000 €. Avec un capital social élevé (par exemple 100 000 €), la règle des 10 % joue en revanche en faveur de la SARL : 10 000 € de dividendes seraient exonérés de cotisations sociales. C'est pourquoi le choix entre SARL et SAS doit toujours tenir compte du niveau prévisible des dividendes et du capital social prévu. Pour explorer les deux statuts, notre article sur la SARL et notre simulateur de revenus en SASU vous permettent d'affiner la comparaison selon votre situation.

Questions courantes sur la rémunération de l'associé non salarié

Un associé non gérant peut-il travailler dans la société sans être rémunéré ?

Un associé non gérant peut techniquement apporter son aide à la société de façon ponctuelle, mais il ne peut pas exercer une activité régulière sans contrat de travail ni mandat. Si l'activité est régulière et organisée, l'absence de contrat de travail peut être requalifiée en travail dissimulé. La solution est de lui proposer un contrat de travail correspondant aux fonctions réellement exercées.

La rémunération du gérant majoritaire est-elle obligatoire ?

Non. Un gérant peut décider de ne percevoir aucune rémunération pour l'exercice de ses fonctions. Dans ce cas, aucune cotisation sociale n'est due sur la rémunération (mais des cotisations minimales forfaitaires peuvent s'appliquer). Cette situation est fréquente en phase de démarrage, lorsque la trésorerie est encore limitée.

Les dividendes peuvent-ils remplacer complètement un salaire ?

Théoriquement oui, mais ce n'est pas toujours optimal. Les dividendes ne génèrent pas de droits à la retraite (sauf pour la fraction soumise aux cotisations TNS chez le gérant majoritaire). Un dirigeant qui se rémunère exclusivement en dividendes constitue peu de droits sociaux et peut se retrouver sans couverture suffisante en cas de maladie ou à la retraite. Un équilibre entre rémunération de gérance et dividendes est généralement recommandé.

Peut-on cumuler rémunération de gérance et dividendes ?

Oui, c'est même le montage le plus courant dans les SARL soumises à l'IS. Le gérant se verse une rémunération mensuelle déductible du résultat (ce qui réduit l'IS), et perçoit des dividendes en fin d'exercice sur le bénéfice restant après impôt. L'arbitrage entre les deux dépend du niveau de bénéfice, du capital social, du taux marginal d'imposition personnel et des besoins de protection sociale. Pour l'optimiser, consultez notre article sur l'optimisation de la rémunération du dirigeant de SARL.

Comment fonctionne la règle des 10 % pour le gérant majoritaire de SARL ?

La fraction des dividendes qui dépasse 10 % du capital social + primes d'émission + apports en compte courant d'associé est soumise aux cotisations sociales TNS. Cette règle vise à éviter qu'un gérant contourne les cotisations sociales en se versant l'essentiel de sa rémunération sous forme de dividendes. Plus votre capital social est faible, plus une grande part de vos dividendes sera soumise à cette règle. Augmenter le capital social ou réduire les dividendes distribués sont les deux leviers pour limiter son impact.

Quelle est la différence entre la flat tax et le barème progressif pour les dividendes ?

La flat tax (PFU) au taux de 31,4 % en 2026 (12,8 % IR + 18,6 % prélèvements sociaux) s'applique par défaut, sans abattement. Le barème progressif s'applique sur option (case 2OP) et permet un abattement de 40 % sur les dividendes avant imposition à l'IR, mais les prélèvements sociaux de 18,6 % restent dus sur le montant brut. Le barème est plus avantageux si votre taux marginal d'imposition est inférieur à 12,8 % (tranche 0 % ou 11 %). Au-delà, la flat tax est généralement préférable.

Le gérant minoritaire est-il protégé par l'assurance chômage ?

Non. Même s'il est assimilé salarié et cotise au régime général, le gérant minoritaire ne cotise pas à l'assurance chômage et ne peut pas percevoir d'allocations en cas de cessation de son mandat. Cette absence de protection est un point important à intégrer dans la réflexion sur le choix du statut. Certains gérants souscrivent des contrats de prévoyance privés pour pallier cette lacune.

Sources et références

Bpifrance-creation.fr — https://bpifrance-creation.fr/encyclopedie/fiscalite-lentreprise/generalites/regime-fiscal-social-dividendes

Entreprendre.service-public.gouv.fr — https://entreprendre.service-public.gouv.fr/vosdroits/F32963

Urssaf.fr — https://www.urssaf.fr/accueil/employeur/gerer-et-developper/remuneration-et-statuts/remuneration-du-dirigeant/gerant-majoritaire-de-sarl.html 

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A propos de l'auteur

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Guillaume DELEMARLE Expert-comptable avec plus de 9 ans d'expérience. Spécialisé dans l'accompagnement des TPE et créateurs d'entreprise. Voir tous ses articles
Contenu révisé et validé par un expert-comptable membre de l'OEC

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