L'article en bref
- La SASU est le statut privilégié des VTC à plein temps : la déduction des charges réelles et les dividendes sans cotisations sociales la rendent plus avantageuse dès 40 000 € de CA.
- La micro-entreprise pénalise les activités à charges élevées : l'abattement forfaitaire de 50 % est insuffisant quand les charges réelles d'un VTC atteignent 50 à 65 % du CA.
- L'écart de revenu net peut dépasser 10 000 € par an à CA identique : un VTC à 60 000 € de CA conserve environ 9 400 € en micro contre 18 000 à 22 000 € en SASU.
- Le taux de TVA applicable au transport de personnes est de 10 % : la TVA sur les charges professionnelles est récupérable en société contrairement à la micro-entreprise.
- L'accompagnement VTC dès 109 € HT/mois, sans engagement : L-Expert-Comptable.com crée votre société VTC gratuitement et optimise l'arbitrage salaire/dividendes.
Sommaire
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Ca m'intéresseLes prérequis réglementaires pour devenir chauffeur VTC en 2026
Avant de choisir un statut juridique, le futur chauffeur VTC doit remplir les conditions réglementaires suivantes (articles L.3122-1 et suivants du Code des transports) :
- Permis B en cours de validité depuis au moins 3 ans (réduit à 2 ans pour les conducteurs ayant suivi la conduite accompagnée)
- Carte professionnelle VTC délivrée par la préfecture, obtenue après réussite de l'examen VTC (7 épreuves : réglementation des transports, gestion, sécurité routière, français, anglais, développement commercial, réglementation VTC) ou validation d'une expérience d'au moins 1 an de conduite professionnelle
- Inscription au registre VTC tenu par le ministère des Transports (registre-vtc.developpement-durable.gouv.fr)
- Attestation d'aptitude physique délivrée par un médecin agréé par la préfecture
- PSC1 (Prévention et Secours Civiques de niveau 1) de moins de 2 ans
- Casier judiciaire vierge (bulletin n° 2)
Le véhicule utilisé doit respecter des normes spécifiques : moins de 6 ans d'ancienneté, 4 portes minimum, dimensions minimales (4,50 m de long, 1,70 m de large), motorisation conforme à la vignette Crit'Air 0, 1 ou 2 dans les Zones à Faibles Émissions (ZFE). Une assurance RC professionnelle spécifique au transport de personnes est obligatoire (coût : 2 000 à 4 000 €/an selon le profil et le véhicule).

Les 3 statuts juridiques possibles pour un chauffeur VTC en 2026
L'EIRL est supprimée depuis le 15 février 2022. Les 3 options réalistes pour un chauffeur VTC indépendant sont :
| Critère | Micro-entreprise | SASU à l'IS | EURL à l'IS |
|---|---|---|---|
| Idéal si... | Démarrage, activité complémentaire, CA < 40 000 € | Activité principale, CA > 50 000 €, optimisation dividendes | Activité principale, CA > 50 000 €, cotisations TNS plus faibles |
| Cotisations sociales | 21,2 % du CA (BIC services) | ~75 % du salaire brut (charges patronales + salariales, régime général) | ~45 % du bénéfice (SSI/TNS). Dividendes > 10 % du capital soumis à cotisations. |
| Protection sociale | SSI (TNS) | Régime général (assimilé-salarié, meilleure couverture retraite) | SSI (TNS) |
| Plafond CA | 83 600 € HT | Aucun | Aucun |
| Franchise TVA | Sous 37 500 € HT | Sous 37 500 € (rare en pratique) | Sous 37 500 € (rare en pratique) |
| Déduction des charges réelles | Non (abattement forfaitaire 50 %) | Oui (essence, leasing, assurance, entretien, téléphone...) | Oui |
| IS (taux) | Non applicable (IR micro) | 15 % jusqu'à 42 500 €, 25 % au-delà | 15 % jusqu'à 42 500 €, 25 % au-delà |
| Dividendes sans cotisations sociales | Non applicable | Oui (PFU 31,4 % uniquement) | Non (soumis à cotisations si > 10 % du capital) |
La SASU à l'IS est le statut privilégié par la majorité des chauffeurs VTC à plein temps en 2026. Raisons principales : la déduction des charges réelles (carburant, leasing véhicule, assurance, téléphone, péages) réduit significativement le résultat imposable, les dividendes ne sont soumis qu'au PFU de 31,4 % (sans cotisations sociales), et la couverture du régime général est supérieure à celle de la SSI pour la retraite et la prévoyance.
Pourquoi la micro-entreprise est souvent un mauvais choix pour un chauffeur VTC à plein temps
Le régime micro-entrepreneur semble attractif par sa simplicité, mais il présente un inconvénient majeur pour les chauffeurs VTC : l'impossibilité de déduire les charges réelles. Or, un chauffeur VTC supporte des charges professionnelles élevées :
- Carburant ou recharge électrique : 300 à 600 €/mois
- Leasing ou location longue durée du véhicule : 400 à 800 €/mois
- Assurance RC Pro VTC : 150 à 350 €/mois
- Commission plateforme (Uber, Bolt, Heetch...) : 20 à 25 % du CA
- Entretien, contrôle technique, nettoyage : 100 à 200 €/mois
- Téléphone, GPS, accessoires : 50 à 100 €/mois
Au total, les charges d'un VTC à plein temps représentent souvent 50 à 65 % du CA. Or, l'abattement forfaitaire en micro BIC services n'est que de 50 %. Si vos charges réelles dépassent 50 % de votre CA (ce qui est presque toujours le cas pour un VTC), le régime réel (SASU ou EURL) est plus avantageux fiscalement que la micro-entreprise.
La micro-entreprise reste pertinente dans un seul cas : une activité complémentaire avec un CA annuel inférieur à 30 000 à 40 000 €, peu de charges (véhicule personnel déjà amorti, faible kilométrage) et une volonté de simplicité administrative maximale.
Simulation : micro-entreprise vs SASU pour un VTC à 60 000 € de CA
| Paramètre | Micro-entreprise | SASU à l'IS |
|---|---|---|
| CA annuel HT | 60 000 € | 60 000 € |
| Charges réelles (carburant, leasing, assurance, commission plateforme, entretien) | Non déductibles (abattement forfaitaire 50 %) | 35 000 € déductibles |
| Résultat avant rémunération/cotisations | CA = 60 000 € (base de calcul) | 60 000 - 35 000 = 25 000 € |
| Cotisations sociales | 60 000 × 21,2 % = 12 720 € | Rémunération nette de ~18 000 € → charges ~14 000 € (mais sur le salaire, pas le CA) |
| IR (estimation, célibataire) | Base imposable : 60 000 × 50 % = 30 000 € → IR ~2 900 € | IS sur bénéfice résiduel : ~1 500 € + IR sur salaire : ~800 € |
| Revenu net disponible (estimation) | 60 000 - 12 720 - 2 900 - 35 000 (charges payées) = ~9 380 € | ~18 000 € (salaire net) + dividendes possibles = ~18 000 à 22 000 € |
La différence est considérable : avec le même CA de 60 000 € et les mêmes charges réelles de 35 000 €, le chauffeur VTC en micro ne conserve qu'environ 9 400 € nets alors que le chauffeur en SASU conserve 18 000 à 22 000 €. Le régime micro pénalise lourdement les activités à charges élevées.
Les démarches de création pour un chauffeur VTC en 2026
- Obtenir la carte professionnelle VTC et s'inscrire au registre VTC (préalable à toute création)
- Créer la structure juridique sur le Guichet Unique de l'INPI : code APE 4932Z (transports de voyageurs par taxis). L-Expert-Comptable.com crée votre société VTC gratuitement.
- Souscrire l'assurance RC Pro VTC (obligatoire avant la mise en circulation)
- Demander l'ACRE si vous êtes éligible (exonération partielle de cotisations la première année)
- S'inscrire sur les plateformes (Uber, Bolt, Heetch, Marcel, FreeNow...) ou développer une clientèle en direct
- Choisir un expert-comptable : indispensable en SASU ou EURL. L-Expert-Comptable.com accompagne les chauffeurs VTC à partir de 109 € HT/mois, sans engagement.
L'ACRE (Aide aux Créateurs et Repreneurs d'Entreprise) permet aux chauffeurs VTC qui créent leur activité de bénéficier de cotisations sociales réduites la première année. En micro-entreprise, le taux de cotisations passe à environ 75 % du taux normal (soit ~15,9 % au lieu de 21,2 %) depuis juillet 2026. En société, l'ACRE exonère partiellement les cotisations sur les 12 premiers mois.
Ce que les futurs chauffeurs VTC nous demandent le plus souvent
Le RSI gère-t-il encore la couverture sociale des VTC indépendants ?
Non. Le RSI a été supprimé le 31 décembre 2019. Les chauffeurs VTC en micro-entreprise ou en EURL sont affiliés à la SSI (Sécurité Sociale des Indépendants), gérée par l'URSSAF et la CPAM. Les chauffeurs en SASU relèvent du régime général (assimilés-salariés).
La micro-entreprise est-elle vraiment un bon choix pour un VTC ?
Uniquement pour une activité complémentaire à faible CA (< 30 000 €/an). Pour une activité à plein temps, les charges élevées (carburant, leasing, assurance, commissions plateforme) dépassent presque toujours l'abattement forfaitaire de 50 %. La SASU à l'IS est plus avantageuse dès que le CA dépasse 40 000 à 50 000 € et que les charges réelles sont supérieures à 50 % du CA.
Faut-il un expert-comptable pour un chauffeur VTC en SASU ?
Oui. La SASU impose une comptabilité d'engagement complète (bilan, compte de résultat, liasse fiscale, déclarations TVA, bulletins de paie du dirigeant). Un expert-comptable est indispensable pour la tenue des comptes et l'optimisation de l'arbitrage salaire/dividendes. L-Expert-Comptable.com accompagne les VTC à partir de 109 € HT/mois, sans engagement.
Un chauffeur VTC doit-il facturer la TVA ?
En micro-entreprise, la franchise en base de TVA s'applique sous 37 500 € HT de CA. Au-delà, ou en SASU/EURL, le VTC facture la TVA à 10 % (taux réduit applicable au transport de personnes). La TVA sur les charges professionnelles (carburant, leasing, entretien) est récupérable, ce qui est un avantage supplémentaire du régime réel par rapport à la micro-entreprise.
Les dividendes en SASU sont-ils vraiment sans cotisations sociales ?
Oui. En SASU, les dividendes versés au dirigeant sont soumis uniquement au PFU de 30 % (12,8 % IR + 17,2 % PS), sans cotisations sociales. C'est l'un des avantages majeurs de la SASU par rapport à l'EURL, où les dividendes excédant 10 % du capital + primes d'émission + comptes courants sont soumis à cotisations sociales SSI (~45 %).
Sources et références
Service-public.fr : Devenir conducteur VTC : conditions et démarches
Registre VTC : Inscription au registre des VTC
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